Puissance Médiatique
Analyses et critiques sur les consommés de poulettes hypermédiatisées.Archive pour novembre, 2007
L’impartialité de l’information…
L’impartialité de l’information…
Aujourd’hui, alors que j’errais dans un dépanneur en attendant mon tour à la caisse, j’ai remarqué la pile de Journal de Montréal qui restaient sur une petite étagère (c’était le soir). En songeant à l’horrible gaspillage de papier que peu représenter les surplus de journaux à l’échelle mondiale (on en reparlera un autre jour), j’ai réalisé ce qui se trouvait en première page: le Journal de Montréal présentait une photo d’un groupe d’étudiants, de nuit, autour d’un jeune grattant sa guitare avec un titre choc: POT, ALCOOL ET GRABUGE. Immédiatement intriguée mais trop en colère contre la publication pour l’acheter, j’ai décidé de sauter sur mon ordinateur une fois rendue à la maison pour essayer de retrouver le contenu de ce torchon et de voir si l’impartialité allait se poursuivre dans l’article. Ma colère ne vient pas du fait que l’article dénigrait une manifestation étudiante, mais plutôt de l’ensemble du contenu de cette première page.
Premièrement, ayant eu quelques lectures à faire dans le titre du cours de Culture Médiatique, j’ai pensé au texte de Lasch nommait que de nos jours, les médias de masse crée l’information plutôt que de réellement remplir leur mission qui est d’informer le plus impartialement possible. En effet, la page couverture du JdM spécifiait que le JdM avait eu la bonne idée d’envoyer dans le Cégep du Vieux-Montréal un journaliste déguisé en étudiant pour pouvoir couvrir l’information qui s’y créait. En réalité, avec une telle page couverture, il est clair que l’idée était de pouvoir discréditer les manifestations étudiantes contre le dégel des frais d’inscription universitaires. Ainsi, dans le journal, l’auteur de l’article décrit parfaitement ce qu’il devait s’attendre à trouver pour remplir sa mission de salissant. Des étudiants foutant le bordel, se droguant, buvant de la bière et offrant de la résistance aux policiers lorsque ceux-ci sont arrivés pour les faire sortir. Petit bémol comme ça, je dois par contre avouer que j’ai apprécié que l’auteur se donne au moins la peine de vanter l’organisation des étudiants dans cette manifestation, s’étant préalablement assuré les services d’un avocat et ayant dans leur nombre des “médics” ou des personnes équipées pour régler les problèmes causés par le poivre de cayenne.
Ce que je trouve ennuyeux de cette édition du Journal de Montréal, c’est qu’à elle seule, elle va discréditer le mouvement étudiant au complet. Il ne prend pas la peine de rappeler qu’il s’agit d’une situation qui se déroulait dans l’un des établissements étudiant ayant un impressionnant historique de contestation étudiante. De plus, le ton de l’article semble vouloir démontrer à quel point la conduite des étudiants et étudiantes était inacceptable. Par contre, on ne met pas en perspective le fait que ce groupe d’étudiants se batte pour la préservation d’un droit qui s’est transformé en bien de consommation: l’éducation. Est-ce vraiment les étudiants et étudiantes qui manifestent contre le dégel ou pour la gratuité des frais d’inscription qui se plaignent pour rien ou est-ce notre société qui dort au gaz? L’éducation, on semble l’oublier, est l’un des plus important moteur économique et culturel de la société. À une époque où les pénuries de main-d’œuvre s’annoncent dramatiques, ne serait-ce pas justement normal et même prioritaire que le gouvernement oriente ses principales actions dans le but de pouvoir former les jeunes travailleurs et travailleuses de demain. Est-ce en augmentant les coûts de l’éducation que nos décideurs espèrent aider le Québec? Ne manquons nous pas de médecins, d’infirmières, de mineurs, travailleurs sociaux, etc.? Ce n’est pas dans dix ans que nous aurons besoin de cette main- d’œuvre, et ce n’est pas en comptant sur l’immigration que nous résoudrons le problème, surtout lorsque l’on considère que les spécialistes et les érudits immigrants se retrouvent plus souvent qu’autrement au volant d’un taxi ou caissiers de dépanneur avec dans un tiroir à la maison des diplômes non-reconnus au Canada ni au Québec.
Et maintenant, le gouvernement va se “péter” les bretelles en demandant aux étudiants et étudiantes de cesser leurs grèves et leurs manifestations déraisonnables qui ne sont que des raisons de faire la fête et de faire du vandalisme impunément. Les élus seront morts de rire, ils n’auront pas besoin de déployer bien des efforts pour s’attirer l’opinion de leur côté dans cette histoire, considérant le portrait qu’en font les médias… de masse. Si les journaux comme le JdM voulaient réellement remplir leur mission d’informer leurs lecteurs avec un contenu impartial, ne devraient-ils pas cesser de chercher uniquement les profits que peuvent leur apporter le sensationnalisme et les extraordinaires enquêtes exclusives? Lorsqu’ils commentent une situation qui implique un débat de société, ne devraient-ils pas chercher à présenter équitablement tous les points de vue plutôt que d’escamoter celui qui ne leur plaît pas?
Pour conclure, serait-il possible que l’information journalistique ne soit maintenant plus qu’un simple amalgame de petits tours de prestigitateur où le journaliste utilise sa belle baguette magique (photos et titres chocs) pour attirer notre attention ailleurs que sur le vide de profondeur de ces articles?