Puissance Médiatique
Analyses et critiques sur les consommés de poulettes hypermédiatisées.Archive pour décembre 3, 2007
osama
Osama fait mal. Le film est un chef-d’œuvre, à mon avis, car il saura transcender les époques. Le scénariste afghan, qui est une perle rare de sensibilité, a su me transporter dans son univers. J’ai terminé l’écoute du film et j’aurais voulu qu’il se poursuive : j’aurais aimé savoir si Osama se portait bien. La technique utilisée pour nous intégrer au sujet du film, celle de la vidéo de brousse, caméra à l’épaule, a porté fruit : je me suis complètement identifiée l’expérience vécue par la jeune afghane. Nos mondes sont pourtant diamétralement opposés. J’aurais pu être offusquée par le réalisme et la cruauté dont il est sujet. Ou encore, j’aurais pu ne pas me sentir interpelée, tout simplement parce que je n’ai pas vécu l’obligation de me travestir en garçon. Je n’ai pas ce bagage émotionnel, et pourtant, je me suis sentie toujours près d’Osama. L’approche intégrante, progressive et simplifiée de ce film me fascine. Je suis passée de journaliste-compagnon, à voisine de quartier, puis à femme exilée et séquestrée. J’estime qu’il réside dans cette structure filmique, une gradation empreint d’humanisme -rare et pure- qui touche les affects les plus élémentaires de l’être humain, et c’est en quoi, ce film révèle son génie. J’ajouterai que ce film nous confronte à une surréalité actuellement présente: la mission guerrière canadienne en Afghanistan. Cela constitue un sujet omniprésent de notre sphère médiatisée lorsque l’on dénombre nos morts -72 à ce jour? mais de leur côté cela reste nébuleux…Osama est un film à voir, à revoir.
Fahrenheit 9/11 (documentaire)
couverture fahrenheit 9/11 
Peut être parce que tout mon entourage immédiat l’a aimé : je l’ai haïs. Or, pour haïr, il faut aimer : doux paradoxe*… Au terme de son écoute, je me sentais aussi abusée que si G.W. Bush m’avait fait un discours dans mon salon. Ce documentaire –ou plutôt, docu-menteur, pour ne pas reprendre la contraction d’un festival que j’aime bien- est empreint que tous les éléments essentiels à une bonne œuvre de propagande : démagogique à l’extrême. Moore joue sur les affects de ses spectateurs, sans tact; il tire sur la corde sensible, la tend, la distend, la fait claquée au bon moment : il explose et implose en même temps. Le produit (cinématographique) qu’il nous vend, est sa propre rage contre son propre gouvernement. J’irais même plus loin, il rage contre lui-même, il se hait tellement de s’être fait abuser, qu’il retourne le projecteur pour nous cracher ses images. Que Bush soit le plus con des cons, il n’y a rien à redire, j’ai probablement la même perception que Moore sur le sujet. Et pour cela seulement, je l’aime bien, il dénonce ce que j’aurais voulu dire- en d’autres mots. Son équation est simple : la peur est créée par les médias (manipulés) qui est en réaction avec notre peur collective de l’Autre, l’ensemble est poussé par la quête pécuniaire. Et voilà l’Amérique!
Néanmoins, il y a une manière d’amener ces éléments. Ses techniques de segmentations et de répétitions des images nous amputent de notre droit à réfléchir seul : la focalisation sur les faciès horrifiés et béats, avec la musique de contexte (?) nous oblige à une salade de peur et d’agressivité. D’autre part, si nous n’avions pas encore compris que Bush était le seul auteur de tous ses crimes guerriers, avec force d’arguments bien pesés, : musique agressive, images juxtaposées sans lien autre que de représenter les mêmes émotions et commentaires en sourdine, une seule chose manque, l’obligation de l’écouter. Parallèlement, Moore vilipende une fois encore la fabrication de la peur par les médias, et ce pendant, il tue l’aura même de la communication qu’il juge si aliénée, par ses procédés techniques.
*Faut-il noter mon cynisme volontaire sur la qualité des arguments : musique agressive, images juxtaposées sans lien autre que de représenter les mêmes émotions et commentaires en sourdine, une seule chose manque : l’obligation de l’écouter.
Migrations
ESPACE PRIMO
Mauvais karma ou bon? Partir sans un rond, dans un monde déjà bien emplit, où par milliard ils se chevauchent; où quelques-uns s’ébauchent. Sans une ridule ni un pli. De manières bien Gauches, glauques…Pour ceux-là…Ceux-là au ventre trop rond pour leur âge.
Qui savent trop bien, qu’une ligne sur les pages de l’Humanité, suffira à résumer leur race. À coups de pavés -et de tant d’autres choses! -ils ont tenté d’étreindre l’autre réalité. Et de ces pavés qui n’auront servi qu’à paver les voix marchandes que jamais ils n’emprunteront autrement que pour fuir le sang de leurs enfants… Et les ventres maintenant ronds du germe belliqueux de soldats trop vieux et trop peu pieux –au sens très littéraire de la chose.
…
Marcher sans fin. Grossir les rangs d’inconnus. Traverser les vents de mers, les temples de pierres, les mers de sels, les larmes de paires cachés dans Leur oubli. Et en être sûrs, question d’y survivre, en sachant très bien qu’Ils écriront leur histoire de leur sang. L’avancée, dans des corps d’automates pour Leurs yeux. Qu’Ils puissent les contempler afin d’assouvir leur besoin d’humilité. Aucune justification ne Leur sera nécessaire : elle est vendue avec le droit de vivre issu de Karmas Platines que Damne Parcimonie a si bien réussi à ne pas distribuer décemment. Et pour ceux-là, sauve-garder l’espoir -beaucoup mieux que la minime minorité pensante d’eux-mêmes jamais ne saura le faire- au creux de l’étincelle de leurs yeux.
ESPACE DEUXIÈME
Et les Vents en tourbillons nous ont accueillis dans cet univers oublié des Temps. À tourbillonner ainsi, le seul Nord que nous retrouvions, était celui qui se rappelle en glaçant les sangs, se chantant par un claquement de dents, qui perdure quatre saisons sur six et qui vous laisse les doigts aussi roides que le sol qui nie dégel point. Pas même par les milliers d’hommes qui l’on chauffé de leur faim…par milliers, nous avons habité cette réclusion. Mes mères s’y sont nourries à leurs manières pour de l’adopter sans l’apprivoiser jamais.
Un autre monde s’est créé.
Mary-Ann
JacKY ‘AJT 2006