Osama fait mal. Le film est un chef-d’œuvre, à mon avis, car il saura transcender les époques. Le scénariste afghan, qui est une perle rare de sensibilité, a su me transporter dans son univers. J’ai terminé l’écoute du film et j’aurais voulu qu’il se poursuive : j’aurais aimé savoir si Osama se portait bien. La technique utilisée pour nous intégrer au sujet du film, celle de la vidéo de brousse, caméra à l’épaule, a porté fruit : je me suis complètement identifiée l’expérience vécue par la jeune afghane. Nos mondes sont pourtant diamétralement opposés. J’aurais pu être offusquée par le réalisme et la cruauté dont il est sujet. Ou encore, j’aurais pu ne pas me sentir interpelée, tout simplement parce que je n’ai pas vécu l’obligation de me travestir en garçon. Je n’ai pas ce bagage émotionnel, et pourtant, je me suis sentie toujours près d’Osama. L’approche intégrante, progressive et simplifiée de ce film me fascine. Je suis passée de journaliste-compagnon, à voisine de quartier, puis à femme exilée et séquestrée. J’estime qu’il réside dans cette structure filmique, une gradation empreint d’humanisme -rare et pure- qui touche les affects les plus élémentaires de l’être humain, et c’est en quoi, ce film révèle son génie. J’ajouterai que ce film nous confronte à une surréalité actuellement présente: la mission guerrière canadienne en Afghanistan. Cela constitue un sujet omniprésent de notre sphère médiatisée lorsque l’on dénombre nos morts -72 à ce jour? mais de leur côté cela reste nébuleux…Osama est un film à voir, à revoir.