J’avais pour habitude étant plus jeune, de tenter de savoir quand la séquence de publicités télévisuelles imposées allait prendre fin. Avec l’aide et la supervision éclairée de mon gardien et voisin du haut, nous avions élaboré quelques théories à ce sujet. Plusieurs signes –après avoir été décorticorqués et débattus rigoureusement préalablement- nous permettaient d’anticiper la fin de nos souffrances. Ainsi, nous nous étions mis d’accord sur les principaux signes qui annonceraient le retour à notre émission (que nous n’allions de toute manière pas écouter) : le flash en haut à droite de l’écran nous annonçait les cinq dernières secondes de supplice, pour certains canaux, le jeu était plus simple, il ne fallait qu’attendre la répétition de la première publicité et le tour était joué!
Or, les nouvelles programmations d’automne québécoises m’ont enlevé mon passe-temps-passe-supplice* en me gratifiant d’un décompte numérique au haut de mon écran : je sais qu’il me reste 24-23-22…secondes avant que le Télé Journal soit de retour. Non mais, quoi de plus radical? … Est-ce pour contrer le zapping? Je ne suis pas l’experte en la question, alors je m’abstiendrai de commenter. Or, ce n’est pas la rappropriation de l’espace publicitaire hyper exploité qu’oblige la rentabilité ou la convergence pour d’autres qui m’agresse tant, mais bien l’aspect infantilisant que cela adopte. Ainsi, j’ai le sentiment de me faire prendre par la main afin que j’aie bien compris le sujet, les thématiques qui seront abordés prochainement dans 10-9-8…. Que surtout, je n’oublie rien…vérification faite, l’exercice doit être lucratif, car c’est à peu près le même concept que les Télétobies et Cornemuse ont adopté : répéter 3 fois de suite et tout va bien entrer, pareil à l’éponge en manque d’humidité, la cervelle humaine doit absorber! Si pour les Télétobies la redondance est évidente, il ne faut pas chercher bien loin la similitude dans l’approche conceptuelle de ce temps informatif : les 2 premières minutes de l’émission même pour vous présenter 3 reportages à venir; 2 minutes en sous-titres, résumant par écrit ce qui sera dit en…2 minutes de reportage bien coupé! Et de trois!
Les télé-diffuseurs l’ont bien compris le principe…nous sommes trop occupés pour les écouter, alors il ne faudrait rien manquer. La solution, ils l’ont trouvée : ils n’ont qu’à nous pré-mâcher le contenu que nous n’aurons qu’à…commenter.
* Terminologie Maryannesque, à bon entendeur, salut!
Haha! Sans avoir vraiment jouer au jeu que tu raconte, je peux comprendre ta frustration. Le satané petit carré blanc au coin droit de l’écran annonçant la pause publicitaire à bel et bien disparu de nos écrans, mis à part peut-être à TQS, cela voulant signifier que c’est vraiment rendu vieux jeu.
J’ai récemment lu un article du Devoir qui expliquait les nouvelles astuces publicitaires de Radio-Canada comme tu les a décrit dans ton article. Le concept proviendrait d’Europe, et SRC seraient les seuls à l’exploiter en Amérique du Nord. Selon BBM, la méthode est très efficace, puisque le spectateur sait directement lorsque la dernière pub est diffusée, et a moins tendance à zapper. On parle alors d’une écoute constante à la même chaîne, donc l’écartement des compétiteurs dans les sondages.
J’ai retrouvé l’article, peut-être il pourrait t’intéresser : http://www.ledevoir.com/2005/04/02/78330.html
On y apprend plusieurs trucs, dont un espèce de système de publicité interactive avec le spectateur que Quebecor voudrait implanter dans ses systèmes ILLICO. Bien que cela nous touche peu ici avec notre bon vieux Cablevision, on peut trouver cela tout de même inquiétant.
En passant, ton blogue est super intéressant. Lâche pas la patate comme on dit!