Les politiques internes -et externes- américaines sont discutables, voire critiquables, a n’en point douter. Nous sommes au début des années 1990 et l’espace public américain est submergé de critiques sociales envers les récentes politiques internes en ce qui a trait à l’éducation publique. Après quelques putschs médiatiques avortés, les politiciens (Clinton et ses acolytes en l’occurrence) se retournèrent vers une politique de relations publiques, racolant à outrance leur auditoire afin de valoriser leurs choix toujours discutables. Rien ne semblait leur réussir, l’opinion publique demeurait la même : négative à leur égard. Les attaques fusaient de toutes parts : l’éducation publique était en déperdition, elle était discriminatoire, raciste, manœuvres de l’État élitiste et l’on soupçonnait les dirigeants du moment et passés de promouvoir cette avenue décriée par la plèbe marginalisée. Parallèlement, une télé-série émergente pointait, Boston Public, doux contraste avec les saops amouricides[1] -tels que les omniprésents Les feux de l’amour et autres Santa Barbara. Efforts efficaces, l’éducation déficiente se voyait vulgarisée, expliquée pour tous et toutEs…par les canaux télévisés, crédits gouvernementaux à l’appui. À quelques mois d’intervalles, la télé-série Urgences pointait elle aussi sont nez. Les chevaux de batailles électoraux des politiciens désarçonnés, après avoir rué dans les brancards, harmonisaient l’opinion publique. Muselée, la critique elle était! Troupeaux en cavale de la masse publique, vous voilà bien orientés et récupérés! Maintenant nous avons 24 Chrono, NCIS de quelques états d’Amériques, Alias…Le pont se fait? Il ne s’agit pas de tergiverser trop longtemps afin de pointer mon commentaire : le voici…de l’État à la Masse, la sphère audiovisuelle, l’espace public serait-il contaminé par de l’ingérence politisée et cautionnée à outrance? Et nous, en bons Québécois, nous entrons dans la valse sans hésitation en achetant ces télé-séries, en les diffusants et surtout en les écoutants sans se poser plus de questions. Ainsi lorsqu’un semblant d’organisation sociale tente de se frayer un chemin dans les politicailleries, nous, nous nous divertissons d’images camouflées sous un pseudo sens éducationnel. Combien de temps attendrons-nous cette révolution de l’espace public où la critique et l’auto-analyse sociale seront notre quotidien? À quand nos propres émissions socio-moralisatrices seront plus que ces purgatifs de nos malaises sociaux, emboîteront le pas et dépasseront le chef-d’œuvre que fut Les Bougons?
[1] Encore de la terminologie Maryannesque : à vous de trouver mieux comme contraction langagière d’amoureuse et de génocide….