Puissance Médiatique

Analyses et critiques sur les consommés de poulettes hypermédiatisées.

Team America: World Police (2004)

Team America

Récemment, j’ai retrouvé dans un club vidéo ce film qui m’avait surpris. Je ne sais trop ce qui m’a pris, mais en voyant la boite de ce film, avec ces belles images toutes pleines de couleurs, je me suis dit que bon, même si je ne loue jamais un film deux fois (ou presque), je pouvais bien me laisser convaincre par une impulsion. Aussitôt pensé, aussi tôt fait.
Une fois bien installée sur le divan, nous pressons la touche play (où plutôt sélectionnons la langue, puis cliquons sur retourner au film ou quelque chose dans le genre) et nous laissons aller dans le visionnement de ce film que je classe parmi les films Southparkiens (car il s’agit justement d’un film des réalisateurs de South Park, Trey Parker et Matt Stone) et compagnie. C’est alors que j’ai réalisé comment ce film pouvait être d’une qualité vraiment exceptionnelle considérant les techniques employées et l’originalité des acteurs: des marionnettes d’un pure style “Les Sentinelles de l’air”.

Attention, n’allez pas croire que j’oserai prétendre que ce film fait compétition aux œuvres d’art du 7e art. Par contre, il s’agit d’un film qui réalise parfaitement ses objectifs: distraire le client mais aussi présenter une satire de la politique américaine, du cinéma américain et des médias.

Cette satire s’attaquera principalement aux Etats-Unis et à leur lutte contre le terrorisme. Le film présente les Américains (avec un grand A) comme étant prêts à provoquer n’importe quelles catastrophes dans le but de sauver le monde des méchants terroristes. Bien entendu, le film est une satire, il y a de l’exagération -à titre d’exemple, les scènes qui impliques de grands monuments de ce monde. Mais dans un certain sens, pas besoin de se faire une crampe du cerveau et de saigner du nez pour se rendre compte que la guerre contre le terrorisme aura détruit des peuples, des cultures et des société dans le but, soit disant, de sauver le monde. Pas surprenant que La Maison Blanche ait rapidement commenté en trouvant désolant que les auteurs s’attaquent à quelque chose d’aussi sérieux que leurs guerres sanglantes mais “justifiées”.

En second lieu, quoi redire de ce travail bien orchestré dans le but de dénigrer les films d’action américains! Des mises en scènes classiques, des paroles calquées et répétées maintes fois dans un nombre incroyable de films, des stéréotypes de personnages, un scénario simpliste servant à organiser les scènes d’action, un vrai débordement de testostérone en puissance. J’ai particulièrement aimé la scène musicale sur une chanson dont je ne connais pas le titre mais qui pourrait s’appeler “Montage”, chanson qui décrit justement ce qui se passe dans le film à ce moment, une sorte de montage comme nous en voyons depuis des années dans les films d’action où l’acteur principal s’entraine pour soudainement devenir incroyablement puissant et prêt à faire face à toute opposition (pensez simplement à Rocky) . Et les scènes de cul, quelle imagination … quoique parfois, le cinéma d’action ne se gêne pas pour présenter des scènes plutôt ôsées question d’en donner pour leur argent à la clientèle. J’ajouterais que j’ai bien aimé l’épisode de la fellation homosexuelle, qui représente ce vertueux sens de l’honneur et du courage habitant tout héro étant prêt à tout pour sauver le monde!  Avec un tant soi peu de psychanalyse, nous pourrions avancer que les auteurs se sont joués du système hyper répressif que constitue la société américaine en nous présentant la solution qu’il suggère, à savoir que le pouvoir à chromosome Y s’autoabuse lui-même afin de se soulager de ses pulsions inassouvies et surtout réprimées…

Bref, j’aimerais dire merci à Trey Parker et Matt Stone pour cette perle de d’humour simple mais efficace.

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