Puissance Médiatique

Analyses et critiques sur les consommés de poulettes hypermédiatisées.

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Mettre les journalistes sur la sellette des accusés: comment s’articule la réplique à la consolidation oligarchique de l’oligopole médiatique

La contre-convergeance ou  Comment digresser tout son soul pendant  4  pages…

 censures presse

Les médias nous informent et quelquefois se font critiquer.  Tout dernièrement, la critique s’est fait de plus en plus virulente.  En bons auto-régulateurs, se sont des journalistes qui nous ont soumis la rétroaction qui circulaient déjà dans certaines sphères privées, à savoir que certains dossiers et par le caricature cochons  même fait, reportages, seraient menés en épingles pour trop peu de contenu, à leurs dires… ( Dires sûrment vérifiables, du moins constatables )  Bien. Mais encore?!  Ce n’est pas justement la base de l’essence journalistique que d’être critique, et par conséquent, auto-critique? Je pose la question, mais j’avoue avoir été désabusée, jusqu’à tout récemment, par ce manque (plus qu’évident)  dans le monde médiatique.  L’omniprésence de l’Épée de Damoclèse économique qui influe sur chaque propos émis m’attriste à chaque fois que j’aie à feuilleter un édito… cet éditorial, qui avec son emplacement privilégié, souvent sur-commenté, annonce -oh! quelle tristesse!- non pas une observation ou un commentaire du journaliste réputé, ou encore, une idée, une conjoncture tentant de se tracer un chemin dans l’espace public; non! ce que l’article annonce ( par le biais des lunettes et de la plume du chroniqueur)   ce sont bel et bien les couleurs, la ligne de pensée -pour ne pas dire, la ligne de parti- du PDG, bien appuyé, c’est entendu, par les ressources non-négligeables et très financières des actionnaires du média. Quelques fois, un doute surgit lors de la publication d’un édito qui semble vouloir défier La Loi tacite -le contrat de travail…  Pourtant, tout récemment, une entrevue menée par l’équipe de l’émission Les Francs-Tireurs ( Télé-Québec, 5 décembre 2007 ),  venait anéantir ces dernières illusions que je m’étais forgées.  L’interwieuvé? Le tout neuf, ex-éditorialiste notoire du journal, tout autant notoire, La Presse, André Pratte.  Celui-ci démolissait par ses propos mes espoirs survivants, en affirmant, ou plutôt en dévoilant les contextes d’écriture dans lesquels baignent et sont assujettis les rédacteurs-éditorialistes. Dès lors, oublions les rêves utopiques d’un journalisme objectif mais surtout dissocié des contraintes politiques. 

De plus, d’autres faits tous aussi importants et inquiétants viennent s’ajouter comme conséquences directes, ou presque, de ce phénomène: l’hyper-concentration des sujets privilégiés et l’hypertrophie de l’éventail des thèmes abordés.  C’est ainsi que l’hypermédiatisation voit le jour… avec ses cas horrifiants de parfaits inconnus devenant les saveurs du mois et dont tous un chacun en connaissent l’adresse domiciliaire et plus encore: plus encore que le concerné-même…  Et par la grâce de la trop sainte convergence ( des médias, bien entendu! ),  celle qui nous permet, nous presse, pour ne pas dire,  nous contraint à ingurgiter de force ou d’ennui, l’information, dépourvue de contenu, contenue dans chacun des canaux diffuseurs, avec au pis aller, quelques minutes de divergeance et quelques propos biffés ou réagrémentés…

Auto-critique, auto-censure v/s l’indépendante critique

L’auto-censure?  Oui.  Or, à la condition plus que préalable qu’elle respecte, d’abord et avant tout, la censure préétablie bien qu’implicite et pourtant trop tangible, qui elle, respecte à son tour les visées des dirigeants du journal.  Cette problématique n’est pas nouvelle en soi (nonobsant sa présence de plus en plus enracinée dans la sphère médiatique et d’autres) :  nombre de critiques des TIC   ( technologies de l’information et de la communication),  à l’exemple de Noam Chomsky et de ses comparses qui oeuvrent à nous y ouvrir les yeux.  La réalité qu’amènent les conglomérats ainsi que la consolidation de cet oligopole précis, nous rapproche de cette mondialisation, qui demeurerait pour beaucoup d’entre nous intangible, quasi imperceptible, sans l’apport (imparfait mais intéressant, voire nécessaire)  de ces derniers observateurs issus d’une autre trempe.   Leurs propos ont déjà plus de 20 ans, pour d’autres, bien plus encore, et nous ne faisons qu’à peine nous ouvrir à eux -cela dit, avec autrement plus de réserve que lorsque l’on nous sert du prémaché-prédigéré à saveur continue de préélection sur feuilles de choux reconnues.  La solution à ce constat édifiant, et de moins en moins contesté, résiderait dans la structuration d’organismes régulateurs internes et/ou indépendants ou les deux, qui seraient assujettis à une déontologie précise et qui veilleraient à appuyer les journalistes dans la pratique de leur art, de leurs tâches, de leurs responsabilités sociales et surtout, dans le maintient d’une qualité réelle de journalisme objectif, objecteur de conscience et défendeur de notre fragile ciment social, de nos valeurs sociétales, mondiales et humaines… Ses ouvertures sur de nouvelles manières d’encadrer le métier journalistique, sans pour autant en brimer sa liberté d’expression, ont déjà plus d’une génération et malgré cela, en sont encore au stade embryonnaire de circuler  -à titre d’utopies- en vase clos dans de très minimes groupucules d’érudits où peu d’aspects ont été débattues à leur sujet: ni le pour, ni le contre.  En constatant cet état de fait, une récente piste de solution fut soumise  et -comble de surprise!- envisagée par certains jusqu’à même en faire la manchette…   Cette suggestion? Un tribunal réservé aux causes liées au journalisme.  Après les structurants régulateurs et encadrements ( et mis de côté…), le pas était mince entre eux et l’idée d’une solution législative -de cette envergure!   

Réflexions personnelles en 3 temps 

1.Le partage irréel du pouvoir: solution sans raison d’être 

Je conclurai ce propos -relevant quasiment du roman!- avec une réflexion personnelle sur les conséquences qu’un tel choix impliquerait, tout autant qu’il implique déjà par le       fait-même d’être envisagé puis discuté, et par conséquent, s’insinuant en nous parce que soufflé aux oreilles de notre pensée collective… Car les menaces peuvent être grandes à passer la voix de la presse -semi-  libre sous la poigne régide de La Loi.  Les revenez-y sur vos positions risquent  de devenir des denrées rares.  D’autre part, pourquoi sous-tendre à un résultat positif lorsque nous savons pertinemment que l’une des causes nous poussant à agir réside précisément dans la concentration d’un  pouvoir immense et attractionnel dans un minimum de mains ?  Au nom de quelle raison alors, transférer de ce pouvoir vers des mains similaires, d’une congrégation pareillement minime, qui ne ferait que porter un nom différent: le Tribunal, au lieu des Québécors actuels? 

Sans vouloir faire figure d’oiseau de mauvais augure, je me permets de souligner un second aspect, qui est en fait un lien entre les deux autres réflexions (la précédente et la suivante).  Je pense ici, aux réalités dont personne ne souhaite un jour à être confrontées, et qui, pourtant, sont la dote de la majorité des gens de paroles -sur-vivant dans des régions où les oligarchies dictatoriales dictent les diktats à suivre -et à promouvoir ( de gré ou de force, mais surtout de force! ).   Ce sont trop communément des peuples qui, la journée, la semaine précédente, ne songeaient surtout pas à l’avènement d’une dictature en bonne et dûe forme ou quelquefois, camouflée sous le couvert d’une quelconque lubie sympathique.  Ainsi, à ses premiers sigaux d’alarme, la dictature naissante doit faire la sensation du moment où émergeant d’un rêve, à demi-éveillé, nous réalisons être en retard.    Bien qu’il soit facile de s’y confondre, les tyrannies s’imposent par les mêmes étapes, les mêmes bouleversements sociaux, où seul le temps semble s’écouler différemment, où, à l’exception près, l’ordre, avec lequel les chambardements surviennent, reste habituellement le même, de façon surprenante.  De la sorte et afin de figurer mon propos, au grand Jamais !  les Parisiens ne pensaient que Napoléon 1er cachait un tel despotisme -sinon pourquoi l’auraient-ils couronné empereur lorsqu’ils venaient tout juste de se défaire de la monarchie à coups d’hécatombes puisées directement dans leurs pauvres rangs?…  Et, dans ce cas, les exemples du genre foisonnent depuis des siècles.

  Les étapes se suivent et s’assemblent…  Une seconde étape, après la première, soit la prise de contrôle -ou plus simplement, l’anéantissement-  des principaux lieux et des agents artistiques, fut celui de la presse écrite, entre autres, par… la réduction radicale et significative du nombre de salles de presse, tout en passant par l’imposition de ses vues (embellies, magnifiées) à quelques presses particulières, mais rejoignant le plus grand nombre de gens, les submergeant de commentaires dithyrambiques.  Serait-ce exagéré d’avancer qu’une presse bien rodée, bien muselée, et par dessus tout, le tout lié à la main qui détient le pouvoir -de la voir vivre ou périr, à son gré- constitue un des premiers pas vers une dictature  bien érigée?  Qu’en mettant de l’avant l’édification d’un pareil tribunal ne visant que les journalistes et leurs actes, ressemble étrangement à une des principales étapes qui offrit les assises à une domination historique à couleurs napolitaines?  Que justement, l’histoire vient d’être lue de nous, il y a à peine quelques lignes…   J’interrompts ici, ma digression ou plus précisément, ma bifurcation mentale à la touche humaniste et historique.  Je vous laisse avec la tâche de tisser par vous-même les liens sous-entendus plus haut et ceux pressentis dès maintenant pour la poursuite de cette lecture.  À vous d’utiliser votre esprit critique, si fortement suggérée, qui parcème l’ensemble de ce texte dans l’espoir d’aller germer ailleurs…

Partant de ce que nous en connaissons à ce jour, ce tribunal serait strictement tributaire des causes impliquant une action émise dans le cadre des activités journalistiques.  Dans un même ordre d’idées, si rien n’est envisagé en ce sens, nous pouvons présumer qu’un code de déontologie, tel qu’entrevu dans les précédentes pistes de solution, guiderait le labeur des personnes siègeant à ce tribunal.  Or, à ce jour, cette déontologie  viserait  principalement les journalistes et ne touchetrait que dans une infime part les médias en tant que médiums communicationnels -trop peu pour avoir un quelconque effet sur un moyen-court laps de temps, ni sur son opposé d’ailleurs-, conséquemment, ses hauts dirigeants et leur cour très bénéficiaires demeurent encore et toujours sous la même cloche de verre les protègeant et en les déresponsabiliant.  Du moment, je me pose la question à savoir si les objectifs, autant globaux que plus précis, ne sont pas visés de travers?…  Pour quelle raison concentrerions et dépenserions-nous tant d’énergie en n’encadrant qu’une seule part de l’organisation médiatique?…  C’est un peu comme si nous mettions des oeillières et un mors au cheval rebelle sans pour autant user des bride, gravache et éperons.  Ce faisant, nous ne contraignons pas: nous ne faisons que risquer un aveuglement, une déperdition de l’essence propre à l’esprit journalistique. Car cette part, regroupant seuls les journalistes,  est menacée de porter les oeillières et pourrait aussi se voir dotée de la museaulière;  c’est elle qui est, somme toute, celle qui possède déjà le moins de pouvoir et celui qu’elle a est très relatif.  Relatif particulièrement à celui, autrement omniprésent et omnipotent, de ses employeurs et de ses acolytes…

 Alors, tant qu’à s’obliger une action quelle qu’elle soit, compromettons la trajectoire préétablie, qui s’est imposée sans réflexion; usons des expériences passées, de notre imagination, de cette capacité à la critique  et visons au moins des objectifs réellement mobilisateurs de changements,  qui  suggèrent des remaniements en profondeur de nos us et coutumes communicationnels.

 

 

SOURCES:    LE SOLEIL - ANALYSE du vendredi 23 novembre 2007,  Devoir d'autocritique et de résistance et  Un Tribunal pour la presse,   Marc-François Bernier (Ph.D.)  Professeur agrégé, coordonnateur du programme  de journalisme Université d'Ottawa,   liens internet :  [http://www.cyberpresse.ca/article/20071123/CPSOLEIL/71122151/6732/CPOPINIONS],    et[http://www.cyberpresse.ca/article/20071123/CPSOLEIL/71122154/5287/CPOPINIONS], articles consultés en ligne le 6 janvier 2008.

Muselez l’espace public et surtout l’opinion publique

media_p_jpg.jpg Les politiques internes -et externes- américaines sont discutables, voire critiquables, a n’en point douter.  Nous sommes au début des années 1990 et l’espace public américain est submergé de critiques sociales envers les récentes politiques internes en ce qui a trait à l’éducation publique.  Après quelques putschs médiatiques avortés, les politiciens (Clinton et ses acolytes en l’occurrence) se retournèrent vers une politique de relations publiques, racolant à outrance leur auditoire afin de valoriser leurs choix toujours discutables.  Rien ne semblait leur réussir, l’opinion publique demeurait la même : négative à leur égard.  Les attaques fusaient de toutes parts : l’éducation publique était en déperdition, elle était discriminatoire, raciste, manœuvres de l’État élitiste et l’on soupçonnait les dirigeants du moment et passés de promouvoir cette avenue décriée par la plèbe marginalisée.  Parallèlement, une télé-série émergente pointait, Boston Public, doux contraste avec les saops amouricides[1] -tels que les omniprésents Les feux de l’amour et autres Santa Barbara.  Efforts efficaces, l’éducation déficiente se voyait vulgarisée, expliquée pour tous et toutEs…par les canaux télévisés, crédits gouvernementaux à l’appui.  À quelques mois d’intervalles, la télé-série Urgences pointait elle aussi sont nez.  Les chevaux de batailles électoraux des politiciens désarçonnés, après avoir rué dans les brancards, harmonisaient l’opinion publique.  Muselée, la critique elle était! Troupeaux en cavale de la masse publique, vous voilà bien orientés et récupérés!  Maintenant nous avons 24 Chrono, NCIS de quelques états d’Amériques, Alias…Le pont se fait? Il ne s’agit pas de tergiverser trop longtemps afin de pointer mon commentaire : le voici…de l’État à la Masse, la sphère audiovisuelle, l’espace public serait-il contaminé par de l’ingérence politisée et cautionnée à outrance?  Et nous, en bons Québécois, nous entrons dans la valse sans hésitation en achetant ces télé-séries, en les diffusants et surtout en les écoutants sans se poser plus de questions.  Ainsi lorsqu’un semblant d’organisation sociale tente de se frayer un chemin dans les politicailleries, nous, nous nous divertissons d’images camouflées sous un pseudo sens éducationnel.  Combien de temps attendrons-nous cette révolution de l’espace public où la critique et l’auto-analyse sociale seront notre quotidien? À quand nos propres émissions socio-moralisatrices seront plus que ces purgatifs de nos malaises sociaux, emboîteront le pas et dépasseront le chef-d’œuvre que fut Les Bougons?   


[1]              Encore de la terminologie Maryannesque : à vous de trouver mieux comme contraction langagière d’amoureuse et de génocide….

La Noël des médias

Annoncée en grande pompe dès le lendemain de  l`halloween et plusieurs fois par jour sur tous les canaux de TiVi* et postes de radios, la grande Guignolée des médias s’est soldée, encore cette année, par un succès monstre.Laissant de coté leur guéguerre , les quatre réseaux de TiVi* et tous les postes de stations de radio régionaux et autres vidéotrons de ce monde, pardon de la province se sont tendu la main pour ne former qu’une seule et unique main géante qui, elle s’est tendue vers nous en espérant que nous la remplirions de denrées non périssables et d’argent.  Et le peuple a répondu avec enthousiasme et générosité à l’appel des vedettes.  Bien sûr, comment ne pas donner lorsqu’une Mahée Paiement vous demande une « canne de bines » ou un petit cinq piastres, une cloche dans les mains, une tuque rouge et blanche sur la tête, quelques pas de danse et on se laisse aller pour un p’tit dix…  Sans rire, il est permis de se demander à qui profite vraiment la Guignolée des Médias?  Bien entendu, Moisson Montréal et foule d’autres ONBL (organismes à but non lucratifs) ont une rentrée de fonds et de produits non périssables bien nécessaires en ces temps de réjouissances.  Tout le monde semble y trouver son compte.  Les  protagonistes du show-biz québécois ont l’occasion de prouver au peuple québécois qu’ils ont le cœur gros comme ça. Ca flatte l’ego de Michelle  Richard de pouvoir raconter jusqu’en février dans Echo-Vedettes que son postérieur ne sert pas seulement à déféquer sur les tapis**, qu’elle peut aussi se le geler, année après année, pour une bonne cause.  L’idée de la Guignolée est merveilleuse et généreuse, elle use de son attraction afin de mobiliser et de sensibiliser à de justes causes.  Elle tend vers la noble  cause, elle cimente -comme elle le peut- notre tissu social friable…Je vais arrêter là, avant de verser une larme qui serait d’à point, il n’en est pas à douter, or comme je ne suis pas une vedette, elle risque d’être désuète.  Trêve de sarcasmes.  J’en reste à espérer que le vedettariat ne déclassera pas le bénévolat et n’acculera pas les autres actions louables et salvatrices à d’outranciers jeux de clownerie dans le seul but d’attirer notre attention.  Nous vivons d’en un univers de spectacles où le divertissement siège où siégeaient auparavant les idoles grecques et nous devons faire avec cet état de faits…jusqu’à un certain point.  Ainsi, si nous acceptons ce cirque, jouons donc le jeu jusqu’au bout, et acceptons et surtout, mandons à nos vedettes de jouer leur rôle social pour de vrai à longueur d’année et non seulement pendant quelques heures. *C’est joli non?

**Pour les non initiés de la rumeur mondaine québécoise, il y a quelques années déjà, La Reine de TQS s’était soulagée sur un tapis d’hôtel en protestation contre le fait que son caniche n’y était pas admis…ce fait d’armes -de larmes- divers n’est pas de la plus haute importance mais il sied bien à ce propos critique. 

Le massacre de Polytechnique ou comment se produit l’autocensure politikly-correcte…

18 ans après et on ne fait que s’en souvenir!

censure

 

Le 6 décembre, nous nous souvenons de cette triste tragédie que fut le massacre de l’école Polytechnique. Les divers canaux télévisés nous en ont fait un rappel de troisième ordre, loin derrière le cas Mulroney-Scheiber, annoncé in extremis, d’une moyenne de trois à quatre minutes de reportage, rappelant les faits en gros –nous laissant toutefois les soins de se rappeler des détails plus précis, certains n’ont même pas souligné le nom de l’auteur de la tuerie, Marc Lépine, misogyne en furie. Dans les journaux tel que La Presse, l’importance de la nouvelle, nous propulsait à la 18ème voir 20ème page afin d’y retrouver un commentaire laconique du sujet. Pis encore, ce midi, j’écoutais en rediffusion sur la chaîne Télé-Québec, une émission que je prise habituellement, Bazzo.tv, et où, cette semaine, deux éminents politicologues, Joseph Facal et Vincent Marissal, nous font une revue de l’actualité –duel à trois, accompagné des interventions de l’animatrice, Marie-France Bazzo. Cette revue-ci me fit dresser les cheveux sur la tête lorsqu’un des interlocuteurs commenta le sombre anniversaire. Au départ, son point de vue rejoignait sensiblement le mien : il dénonça le manque de profondeur de l’analyse médiatique en émettant l’hypothèse, dont je suis portée à soutenir, à savoir qu’il nous faille attendre un chiffre rond (tel que le 20ème anniversaire) avant d’entrevoir un tant soit peu de contenu dans l’analyse journalistique qui nous sera proposée. Il nota par la même occase, la convergence omnipotente en ce qui à trait au traitement de l’affaire par les journalistes. Durs constats, mais bref… lorsqu’il tenta de pousser plus loin sa critique, je me rappelai en quoi le massacre de Polytechnique m’a et m’affecte toujours autant. Dans ce cas-ci et n’enlevant en rien à l’abomination des autres tueries telles que Colombine ou Dawson, la censure et l’autocensure -que je qualifierai d’antiféministe -qui entoure le traitement de cette affaire m’afflige. Ici, cherEs lecteurs-trices, je ne vous oblige en rien à adopter ma vision des choses, mais je vous offre plutôt les constats qui me sont venus depuis ces 18 dernières années et de vous en soumettre par la même occasion de nouveaux angles de réflexion. intéressants.

Veuillez excuser cette légère bifurcation or, dans un contexte aussi sordide, je juge plus adéquat de bien tabler mes prémisses analytiques avant d’en étayer le propos. Assez de la flaflas, entrons dans le vif de mon commentaire : avant Marc Lépine, ma lunette féministe, et ce, bien que déjà quelque peu encombrante à porter, améliorait grosso modo ma vie; après, elle prit radicalement l’aspect d’un boulet. D’une part, je constate qu’être une femme n’est en rien égal à l’homme, tout simplement parce ce qu’il y a la peur entre les deux. Si les violences psychologiques et verbales peuvent s’équivaloir, celles physiques les surpassent –et dans cette énumération, j’omets celles monétaires.

Depuis cette tragique journée, ma féminité a eu peur et cette peur est restée ancrée au tréfonds de mon être sensible. Pendant près de dix ans, j’ai eu peur de dire que j’étais féministe…pour les garçons, la question ne vous est pas posée, tout simplement, pourquoi, je ne saurais y répondre, mais pour nous, les filles, il nous faut nous positionner au moins une fois l’an, sinon plus. Suis-je féministe, ne le suis-je pas? j’aurais bien aimé me fantômatiser* plusieurs fois, pour y répondre…Ce n’est que récemment, un an tout au plus, que j’ai réalisé que féministe le suis et que me devais d’y enlever le trémolo, la honte lorsque je le disais. Simplement parce qu’être féministe n’implique pas d’être belliqueuse , revendicatrice ou extrémiste, mais juste d’être, de se reconnaître,: ce que je ne permettais plus depuis cette tuerie. Belle réussite. C’est en cela que le saut d’âne du critique de l’émission Bazzo.tv m’a tant offusquée : comment peut-on se permettre l’analogie entre la tuerie de Polytechnique et le registre des armes à feu?

Merci, à madame Hélène Pedneault (co-auteures de la Revue La Vie en Rose) de m’avoir si doucereusement conscientisée à ce sujet. Que le lien se fasse pour les tueries de Dawson ou de Colombine, cela peut passer, mais pour Polytechnique, nous oublions une grande part du gâteau, à savoir que ce n’étaient QUE des femmes qui ont été tuées. Je me rappelle encore de la couverture médiatique française qui n’a parlé que d’un tueur fou et non du misogyne qui a tué quatorze femmes ,endeuillé leur famille, épeuré des fillettes telles que moi et lettre à l’appui, prévu d’en tuer quinze autres (les médias n’ont jamais publié cette lettre), ces femmes n’avaient aucun lien avec Lépine que d’être des personnalités publiques …appellerons-nous Michael Moore?


Si le sujet vous intéresse, la revue La Vie en Rose offre un parallèle à l’affaire fort captivant. Disponible aux Éditions Remus-Ménages.

 

 

 

 

L’impartialité de l’information…

L’impartialité de l’information…


Aujourd’hui, alors que j’errais dans un dépanneur en attendant mon tour à la caisse, j’ai remarqué la pile de Journal de Montréal qui restaient sur une petite étagère (c’était le soir). En songeant à l’horrible gaspillage de papier que peu représenter les surplus de journaux à l’échelle mondiale (on en reparlera un autre jour), j’ai réalisé ce qui se trouvait en première page: le Journal de Montréal présentait une photo d’un groupe d’étudiants, de nuit, autour d’un jeune grattant sa guitare avec un titre choc: POT, ALCOOL ET GRABUGE. Immédiatement intriguée mais trop en colère contre la publication pour l’acheter, j’ai décidé de sauter sur mon ordinateur une fois rendue à la maison pour essayer de retrouver le contenu de ce torchon et de voir si l’impartialité allait se poursuivre dans l’article. Ma colère ne vient pas du fait que l’article dénigrait une manifestation étudiante, mais plutôt de l’ensemble du contenu de cette première page.
Premièrement, ayant eu quelques lectures à faire dans le titre du cours de Culture Médiatique, j’ai pensé au texte de Lasch nommait que de nos jours, les médias de masse crée l’information plutôt que de réellement remplir leur mission qui est d’informer le plus impartialement possible. En effet, la page couverture du JdM spécifiait que le JdM avait eu la bonne idée d’envoyer dans le Cégep du Vieux-Montréal un journaliste déguisé en étudiant pour pouvoir couvrir l’information qui s’y créait. En réalité, avec une telle page couverture, il est clair que l’idée était de pouvoir discréditer les manifestations étudiantes contre le dégel des frais d’inscription universitaires. Ainsi, dans le journal, l’auteur de l’article décrit parfaitement ce qu’il devait s’attendre à trouver pour remplir sa mission de salissant. Des étudiants foutant le bordel, se droguant, buvant de la bière et offrant de la résistance aux policiers lorsque ceux-ci sont arrivés pour les faire sortir. Petit bémol comme ça, je dois par contre avouer que j’ai apprécié que l’auteur se donne au moins la peine de vanter l’organisation des étudiants dans cette manifestation, s’étant préalablement assuré les services d’un avocat et ayant dans leur nombre des “médics” ou des personnes équipées pour régler les problèmes causés par le poivre de cayenne.
Ce que je trouve ennuyeux de cette édition du Journal de Montréal, c’est qu’à elle seule, elle va discréditer le mouvement étudiant au complet. Il ne prend pas la peine de rappeler qu’il s’agit d’une situation qui se déroulait dans l’un des établissements étudiant ayant un impressionnant historique de contestation étudiante. De plus, le ton de l’article semble vouloir démontrer à quel point la conduite des étudiants et étudiantes était inacceptable. Par contre, on ne met pas en perspective le fait que ce groupe d’étudiants se batte pour la préservation d’un droit qui s’est transformé en bien de consommation: l’éducation. Est-ce vraiment les étudiants et étudiantes qui manifestent contre le dégel ou pour la gratuité des frais d’inscription qui se plaignent pour rien ou est-ce notre société qui dort au gaz? L’éducation, on semble l’oublier, est l’un des plus important moteur économique et culturel de la société. À une époque où les pénuries de main-d’œuvre s’annoncent dramatiques, ne serait-ce pas justement normal et même prioritaire que le gouvernement oriente ses principales actions dans le but de pouvoir former les jeunes travailleurs et travailleuses de demain. Est-ce en augmentant les coûts de l’éducation que nos décideurs espèrent aider le Québec? Ne manquons nous pas de médecins, d’infirmières, de mineurs, travailleurs sociaux, etc.? Ce n’est pas dans dix ans que nous aurons besoin de cette main- d’œuvre, et ce n’est pas en comptant sur l’immigration que nous résoudrons le problème, surtout lorsque l’on considère que les spécialistes et les érudits immigrants se retrouvent plus souvent qu’autrement au volant d’un taxi ou caissiers de dépanneur avec dans un tiroir à la maison des diplômes non-reconnus au Canada ni au Québec.
Et maintenant, le gouvernement va se “péter” les bretelles en demandant aux étudiants et étudiantes de cesser leurs grèves et leurs manifestations déraisonnables qui ne sont que des raisons de faire la fête et de faire du vandalisme impunément. Les élus seront morts de rire, ils n’auront pas besoin de déployer bien des efforts pour s’attirer l’opinion de leur côté dans cette histoire, considérant le portrait qu’en font les médias… de masse. Si les journaux comme le JdM voulaient réellement remplir leur mission d’informer leurs lecteurs avec un contenu impartial, ne devraient-ils pas cesser de chercher uniquement les profits que peuvent leur apporter le sensationnalisme et les extraordinaires enquêtes exclusives? Lorsqu’ils commentent une situation qui implique un débat de société, ne devraient-ils pas chercher à présenter équitablement tous les points de vue plutôt que d’escamoter celui qui ne leur plaît pas?
Pour conclure, serait-il possible que l’information journalistique ne soit maintenant plus qu’un simple amalgame de petits tours de prestigitateur où le journaliste utilise sa belle baguette magique (photos et titres chocs) pour attirer notre attention ailleurs que sur le vide de profondeur de ces articles?

La fracture numérique: le fossé de l’inégalité

La fracture numérique : le fossé de l’inégalité

Nous sommes en l’an 2007, à quelques semaines seulement de l’an 2008. L’Internet tel que nous le connaissons et l’utilisons aujourd’hui existe depuis le début des années 1990 [1]. Nous sommes passés, depuis cette époque, au travers d’une formidable révolution technologique en ce qui à trait aux ordinateurs, qui devenaient toujours, années après années, plus puissants et capables de plus en plus de prouesses. Notre génération “y” a traversé ces changements, certains d’entre nous ont eu accès à différents models d’ordinateurs et ont vécu les changements de processeurs, les miracles de la 3d, les différentes versions de Windows ou de Mac… Nous y sommes habitués. Nous l’avons vécu. Mais ce n’est pas le cas pour tout le monde. Nous ne le réalisons pas toujours, mais ici même au Québec, certaines personnes n’ont jamais touché à un ordinateur. Certaines personnes n’en ont pas ou n’y comprennent rien. Lorsque l’on considère que notre société a évolué à un point tel où l’utilisation d’un ordinateur représente un outil de formation et de travail dont l’économie dépend, il est donc logique de penser qu’une personne n’ayant pas accès à cette technologie sera handicapée dans notre société. Ce qui nous amène à la fracture numérique.

Qu’est-ce que la fracture numérique ?

La fracture numérique ne vous dit peut-être rien à première vue. Cependant, elle vous touche plus directement que vous ne le penser. En ce moment, lequel d’entre vous utilise son propre ordinateur ? Trop souvent, les étudiants utilisent les ordinateurs mis à leur disposition sur les campus, puis se voient sollicités de toute part dans le but de s’en acheter un propre par le biais de prêts subventionnés. Voici un bel exemple d’une facette de cette fracture numérique. Je m’explique et je définis du même coup ce qu’est cette fracture, ce fossé : c’est l’écart entre l’accès et le non-accès aux technologies informatiques et des moyens de communications qui y sont reliées. Ainsi la fracture se crée lorsqu’en tant qu’étudiant, on se voit dans l’obligation de s’acheter un ordinateur portable –ou pas- afin de rendre nos travaux à temps. Cette image tangible concrétise assurément un peu plus cette terminologie ambigüe. Mais la fracture numérique ne peut se résumer en ces quelques mots : elle englobe bien d’autres aspects non-négligeables. À titre d’exemple, regardons seulement près de chez nous, les communautés qui ne sont pas desservies par Internet, non pas parce que la demande n’y est pas mais plutôt qu’il en couterait trop cher de câbler le particulier au réseau local (municipal et rural), et ce bien que, nos gouvernements aient comme mandat budgétisé de brancher nos communautés dites éloignées. À ce stade, il n’est plus question de fracture mais bien de fossé numérique, qui dans son sillon entraîne le clivage social.

Définition selon Wikipédia

Fracture numérique

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre.

La fracture numérique désigne le plus souvent l’inégalité d’accès aux technologies numériques, [dont principalement l'ordinateur,] et parfois le clivage entre « les info-émetteurs et les info-récepteurs »[1]. Cette inégalité est fortement marquée entre les pays développés d’occident et les pays du Sud, dits en voie de développement.

Je vous glisse un joli copié-collé explicatif d’un organisme à but non-lucratif bien québécois, Communautique, dont la mission principale est de colmater cette fracture socio-numérique avant qu’elle ne passe au fossé abyssal…

Communautique est un organisme à but non lucratif visant l’appropriation collective des technologies de l’information et la communication œuvrant pour les organismes communautaires et les populations à risque d’exclusion des technologies.

« L’introduction et la prolifération des nouvelles technologies de l’information et des communications ont provoqué de nombreux changements dans le portrait de la société québécoise mais également une marginalisation des personnes moins nanties et un retard dans le développement technologique de certains organismes communautaires. Afin de combler ce que l’on appelle le « fossé numérique », une économie sociale des nouvelles technologies de l’information émerge actuellement. Plusieurs centaines d’organismes, de coopératives et d’associations œuvrent actuellement dans ce secteur, offrant des services de formation et de soutien technique à des coûts abordables dans toutes les régions du Québec. »

Mission

Mettre les technologies de l’information et de la communication au service des milieux communautaire et populaire ainsi qu’au service des citoyens et citoyennes potentiellement excluEs, dans une perspective d’élargissement de la vie démocratique et de la citoyenneté, tout en contribuant au développement d’espaces communautaires sur l’inforoute.

Objectifs

  • Accroître l’accès aux technologies de l’information et de la communication
  • Favoriser la prise en charge et l’autonomie des groupes communautaires, du milieu et des citoyennes-citoyens
  • Développer une culture télématique démocratique
  • Contribuer au développement de l’inforoute et des espaces télématiques communautaires

Contrer l’exclusion sociale liée aux technologies de l’information et des communications

Forum sur l’utilisation citoyenne d’Internet dans le cadre du Forum social québécois

Communautique ainsi que moi-même invitons les groupes communautaires et le public en général à participer à un forum en ligne que Communautique a organisé dans le cadre d’une activité du Forum social québécois. Le forum est déjà en ligne. Vous pouvez participer dans un débat qui cherche à promouvoir un usage citoyen et démocratique des technologies pour construire un autre monde. Pour y participer visitez l’Espace forum social québécois sur le site Espace associatif : http://espace-associatif.org/


[1] Le début des années 1990 marque, en fait, la naissance d’Internet tel que nous le connaissons aujourd’hui : le réseau reliant tous ces réseaux parlant le même langage, connu sous le nom de norme (Transmission Control Protocol / Internet Protocol) qui permet à des ordinateurs différents de communiquer aisément entre eux. (Wikipédia, 2007)

40 ans après…

Cette semaine, alors que je me baladais d’un point A à un point B en pollueuse, j’ai regardé le petit cadran indiquant l’heure sur le tableau de bord de la voiture pour me rendre compte que c’était l’heure des nouvelles de Radio-Cadna. N’écoutant que ma bravoure et gagnant une noble victoire sur l’inertie relative de mon moi à ce moment (n’ayez crainte, je ne chauffais point), j’ai syntonisé le poste de radio et écouté les nouvelles.

C’est alors que j’ai appris que Ernesto Rafael Guevara de la Serna, mieux connu sous le pseudonyme de “Che” (mais qu’il ne pouvait à cette époque utiliser sur MSN puisque cet ingénieux outil informatique, de même que la compagnie dont il est la progéniture, n’existaient pas) était mort depuis 40 ans le 9 octobre 1967 en Bolivie. Je ne fus pas stupéfaite parce que je le croyais vivant, je ne suis pas sans culture, mais parce que cela faisait déjà 40 ans, et qu’à mon avis, son image était toujours aussi fraîche à ma mémoire. Non pas que je l’aie connu, mes parents ne me concevaient même pas dans leur esprit lorsque Guevara est mort, mais l’image de cet homme au regard intense levé vers les cieux avec un chapeau orné d’une étoile est, il faut l’avouer, une des images les plus connues du XXe siècle.

Le pourquoi de cet article n’est pas pour vous informer de la mort du Che ou de ma connaissance de cet illustre personnage, mais plutôt pour parler justement de son image, de ce qui nous est resté du Che. Selon moi, et il s’agit d’une opinion alors ne brûlez pas votre écran d’ordinateur si ce que vous allez lire ne vous plait pas, Guevara doit se retourner dans sa tombe et souvent à part de cela.

En effet, son image est devenue, au fil des ans, une image représentant souvent le romantisme révolutionnaire des adolescents. Et qui plus est, sans même que ces adolescents ne sachent ou ne connaissent l’histoire de ce grand homme. Ils porteront son visage sur leurs « T-Shirt, leur casquette, des drapeaux, des manteaux, leurs MSN, leurs blogues… L’image du Che est maintenant une marchandise, et il s’agit d’une des plus belles ironies de la modernité lorsque l’on considère l’anticapitalisme de Guevara et tous les profits générés par une simple photo de lui. Bien entendu, tel n’a pas toujours été le cas. L’image, à ses débuts, représentait réellement l’homme, la révolution, le marxisme, la délivrance des pauvres et des opprimés de leurs bourreaux riches. Par contre, il apparaît que plus une image est populaire, plus les gens veulent en profiter, l’afficher. Le visage du Che est maintenant, à l’extérieur de l’Amérique Latine, une mode aux yeux de la plupart des gens.

Chose certaine, au cours du 20e siècle, Ernesto “Che” Guevara s’est mérité cette effigie sur-galvaudée des hommes qui ont changé la face du monde.

J’espère que les gentes de la masse, grâce à la couverture médiatique –ainsi que ses divers dérivés- offerte à propos de l’anniversaire de sa mort, sauront se questionner le ciboulot à propos de l’homme derrière la photo.